© 2017 SFPA - Créé par Atelier de Sandra

 La SFPA 

A propos du mouvement Adlérien en France
Éric BERTHOMME, psychanalyste
 Un peu d’Histoire                                                                             

La Société Française de Psychanalyse Adlérienne est l’une des plus anciennes sociétés savantes analytiques de France qui voit le jour dans les années 30. Elle va s’organiser autour du Dr Schaffer et de jeunes étudiants en Médecine (H. Schaffer, élève direct d’Adler de 1926 à 1937, rencontré lors de la première conférence d’Adler en France en 1926 en présence de J.P Sartre et P. Minder).

Puis viendront enrichir le noyau français, des psychanalystes, médecins et psychopédagogues d’Europe Centrale chassés par le nazisme en raison de leurs origines juives, de leurs idées politiques (O. Brachfeld, Mme S. Lazarsfeld, A. Neuer, P. Plottke, Schlessinger, Manes Sperber, E. Wexberg).

Certains resteront en France et beaucoup disparaitront dans les camps, d’autres partiront dès que la guerre semblera inéluctable et émigreront vers les Etats Unis.

C’est une période riche d’idées et de travaux pratiques autour d’un journal « Courage », quelques pages dactylographiées qui verront leur suspension pendant le conflit et reprendront en 1945.

 En 1946, une nouvelle société voit le jour, avec Herbert Schaffer, président. Malgré la disparition de nombreux adlériens, la vie intellectuelle reprend son cours : théâtre, peinture, cinéma… Création d’un club de femmes nourri des positions d’Adler sur le sort des femmes dans notre société, refus d’un rôle secondaire et de la domination, à entendre comme le Deuxième sexe.

 Les adlériens seront à l’origine des CMPP (Centre Médico Psycho Pédagogique), Adler, déjà à Vienne travaillait dans les jardins d’enfants et auprès des instituteurs. C’est à des psychopédagogues que l’on doit la première mouture de « L’école des parents et des éducateurs ».

Les Adlériens participeront au développement de la médecine psychosomatique, en effet Adler avait développé le concept de « jargon des organes », signifiant l’expression de troubles névrotiques par le biais du soma.

Mme M. Degh, travaillera en collaboration avec les pionniers de la recherche en psychomotricité en France, disciples de Rudolf Steiner et du Pr. Heuyer. Puis aux côtés du professeur Duché, elle sera l’une des promotrices   d’un enseignement de la psychomotricité et de la création du corps des rééducateurs en psychomotricité.

A partir de 1962, notre Société dans son activité d’enseignement et de formation a participé alors en Faculté de Médecine à l’enseignement de la psychologie d’Adler, aux côtés de l’enseignement de Freud et de Jung et plus tard en Sorbonne à l’enseignement d’une initiation à la psychothérapie d’Adler, pour les étudiants de Psychologie.  A la suite en 1965,  A. Virel et H. Schaffer, vont créer le Syndicat National des Psychothérapeutes  et dans le même temps  l'Institut de Psychothérapie, premier institut pluridisciplinaire de formation à la psychothérapie en France qui associera les différentes approches contemporaines du psychisme, qu'elles soient freudiennes, jungiennes, adlériennes ou par l'imagerie mentale onirique, sans négliger pour autant les spécialistes du symbolisme, de l'Histoire des religions, des Mythologies, de l'Anthropologie, de la Psychophysiologie ou de la Poétique. Les arts aussi y seront représentés avec les expositions de peinture de Roger Blin, Philippe Delessert, Andrée et Jean Moissiard, Mouloudji, Fernand Pouey…

En 1995, la SFPA s’enrichit d’un pôle régional par la création de « l’Institut sud-ouest » qui donne naissance à « l’Université d’été » rebaptisée « Université Jeanne Luquet » en hommage à notre amie psychopédagogue, trop tôt décédée, qui avait œuvrée auprès d’enfants sourds et nous avait livrés de brillantes monographies.

C’est également au cours de ces années que voient le jour deux ouvrages « Adler et l’Adlérisme » et « La théorie analytique adlérienne », de Georges Mormin et Régis Viguier.

6 janvier 1975, Séance inaugurale du 3ème cycle de conférences de la SFPA sur le thème : Relations interpersonnelles et santé mentale.

De gauche à droite : Dr. Th. Lempérière, Dr. H. Schaffer, K. Adler, Pr Y. Pélicier.

 Le tournant des années 2000                                                          

En 2004, Serge Kutek Président en exercice, succédant à notre très cher Président Bernard Paulmier, prendra la décision, encouragée par son conseil d’administration, d’affirmer l’orientation psychanalytique et la source de l’Adlérisme dans la psychologie des profondeurs, en rebaptisant la Société Française de psychologie Adlérienne en Société Française de Psychanalyse Adlérienne.

Dans notre temps dominé par le pragmatisme où l’humain se dissout dans la quête du profit, de l’efficacité et de la rentabilité, il nous paraît essentiel de placer le sujet en devenir de lui-même au cœur de nos préoccupations. Le renouveau de la psychanalyse s’inscrit dans le relèvement de ce défi.

En notre époque bouleversée qui remet fortement en cause la psychologie des profondeurs au profit d’autres approches psychothérapiques, il est fondamental d’affirmer notre identité. Outre sa dimension thérapeutique, la psychanalyse est à la fois un mode de réflexion et de recherche ainsi qu’une tentative d’approche compréhensive de l’humain. Elle est une invitation à parcourir le vaste champ de l’humain : sa genèse, son devenir, son histoire, sa souffrance, sa vie communautaire, sa créativité à travers l’art, la science, la philosophie et la littérature, la grande question du sens, ouverture vertigineuse vers la spiritualité.

La psychanalyse se situe ainsi au carrefour de la Médecine, des Sciences Humaines, de l’Art et de la Philosophie. La prise en charge de la souffrance psychique s’inscrit dans cette vision globale de l’homme, dans son histoire, son questionnement et sa créativité. La psychanalyse est aussi une voie de recherche qui va au-delà de la psychopathologie, laquelle est une porte d’entrée qui interroge l’humain doué de parole dans sa totalité, son épaisseur, sa complexité et son devenir sujet vers plus de liberté.

 La SFPA 2017                            

Il existe deux instituts : Société Française de Psychanalyse - Sud-Ouest (Angoulême) et un institut francilien, Le Centre Alfred Adler de Paris, dont les missions se déclinent autour de :

  • La transmission de la doctrine d’A. Adler par la formation de psychanalystes adlériens ;

  • Une formation continue, cheville ouvrière du mouvement, centrée autour de la clinique psychanalytique, formation aux thérapies de groupe : Contes, Psychodrame d’enfants et d’adulte, Onirothérapie. Supervision et régulation. Formation à la psychopathologie (troubles des conduites et du comportement, conduites de dépendance et toxicomanies, prise en charge de l’enfant autiste, traitement des enfants et adultes victimes d’abus sexuels, les troubles de la senescence, etc.).

  • Un pôle de recherches scientifiques : avancées théorico-cliniques

Derrière la course au bonheur, à l’épanouissement personnel, au désir de résolution rapide de toute souffrance, voire sa négation et le rejet de celui qui souffre, pointe une angoisse existentielle profonde et une quête de sens mal formulée. Il est dans notre vocation de prendre en compte ce malaise dans notre civilisation en nous engageant dans une voie de recherche, de réflexion et de soins qui ne peut être féconde que si nous gardons au centre de notre préoccupation le sujet dans sa globalité.

Il convient de ne pas oublier que la souffrance psychique touche notre humanité dans ses racines les plus profondes et les plus obscures et qu’elle a quelque chose à voir avec la perte de sens et l’angoisse de néantisation.

La Psychanalyse adlérienne apporte une parole originale dans le champ actuel de la psychologie des profondeurs. La théorie adlérienne met l’accent sur le sentiment d’infériorité et sa compensation, base structurante de la personnalité qui pousse l’humanité vers son propre devenir ainsi que sur la construction du style de vie et la liberté créatrice. Le Sentiment d’appartenance à la communauté humaine (Gemeinschaftsgefühl, pilier conceptuel de la théorie adlérienne) «  est à la source du sentiment humain, il détermine l’éthique qui engage le  caractère spécifique de l’homme, besoin d’attachement, besoin de relation, le Gemeinschaftsgefühl est la pierre angulaire du fonctionnement inconscient, celui-ci s’enracine dans le cosmos ; l’inconscient est la mémoire vivante de l’appartenance du sujet à la communauté humaine et l’inscription de l’humanité dans le cosmos. Il est à la source de l’altérité, ce qui nous permet de nous sentir semblable et différent dans la possibilité de la rencontre avec l’autre ». AM Mormin

Société Française de Psychanalyse Adlérienne, SFPA.

Président fondateur :
Dr Herbert Schaffer

Présidents d’Honneur :

Dr A. Meyer (1909-2000)

Bernard Paulmier (1929-2002)

Lionel Nadaud (1929-2004)

Pr Bernard Herzog

Georges Mormin

Dr Herbert Schaffer