© 2017 SFPA - Créé par Atelier de Sandra

 Alfred Adler 

​L'un des concepts-clés, le Gemeinschaftsgefühl, difficilement traduisible (Sentiment inconscient d'appartenance à la communauté humaine) permet au Sujet d’intégrer son identité d’homme dans une spécificité et intégrer sa propre inscription phylogénétique, sa position dans le monde, et son attachement cosmique.

Alfred Adler (1870-1937), fût le premier président de la société psychanalytique viennoise, présidence qu'il assura jusqu'à la rupture avec Freud en 1911. Il développe alors un corpus théorique, nourri d'assises philosophiques, dans un cadre causalo-finaliste (causa finalis) En opposition au causalo- déterminisme, il postule que la finalité (teleos ) régit le comportement de l'individu. 

Il érige une véritable théorie du lien, selon plusieurs postulats dont :

  • « Être un homme, c'est se sentir inférieur » ; le sentiment d'infériorité habite l’homme dès sa naissance et provient de son état de prématurité fonctionnelle. De ce fait, la nécessité de s'adapter au monde induit la compensation de ses manques. Le système de compensation le pousse à la reconnaissance de l'autre, passage de l'ipséité à l'altérité. 

  • A l'instar d'Aristote, il insiste sur cette définition qui fait de l'homme un animal de relation, à la croisée du phylogénétique et de l'ontologique, qui ne peut s'épanouir et déployer ses possibilités créatrices que par l'intégration de son indispensable ancrage dans la communauté humaine ;  le processus identitaire inscrit le Sujet dans son humanité  et lui confère la capacité à tisser des liens constitutifs de cette même humanité, à y trouver , développer et partager des valeurs, bien commun qui définit l'éthique humaine.

La pensée d’Alfred Adler s'appuie sur deux concepts princeps : Gemeinschaftsgefühl et Unité de la personnalité. 

Adler propose une conception de l'homme en tant qu'entité Une et indivisible (individuum), unité somatopsychique trouvant son étayage dans son inscription sociétale.

Il postule également que le nœud de la névrose bien que s'appuyant sur des problématiques intra psychiques se révèlent dans les conflits interpersonnels. Toute résolution passe par la prise en compte des deux éléments, à la fois intra psychique et interpersonnel.

Adler approfondit  sa connaissance et sa définition de l'Homme, à partir de recherches dont le but consiste en une compréhension des mécanismes psychiques présidant aux comportements individuels  et collectifs, il affine les théories pulsionnelles en partant d' une pulsion primordiale, la pulsion d'agression; il met en évidence certaines formes essentielles du développement psychique : Hermaphrodisme psychique, Sentiment d' infériorité, Mécanismes compensatoires, Aperceptions tendancieuses, Fiction directrice, Style de vie, Gemeinschaftsgefühl.

Il élabore une praxis psychanalytique qui a pour unique but de permettre au sujet le dévoilement du sens de son existence.

 Alfred Adler en quelques dates                                                       

 1870 :  Naissance d’Alfred Adler dans un faubourg de Vienne, deuxième enfant d’une fratrie de 7.

 

 1888 :  Il entreprend des études de Médecine,

 

 1895 :  Il obtient son doctorat et travaille bénévolement à la « Poliklinik » de Vienne puis ouvre un cabinet dans un faubourg populaire. Il publie une monographie « Le livre de santé pour le métier de tailleur », observations des conditions de travail et de vie influençant la santé. De là, naît une conception originale de la médecine : la médecine sociale

 1897 :  Mariage avec Raïssa Epstein. Leur ainée, Valentine Dina, naquit l'année suivante, Alexandra en 1901, Kurt en 1905, Cornélia (Nelly) en 1909. Leur union sera mouvementée, Raïssa est une fervente militante socialiste, Adler bien que proche de ces idées se distanciera du pouvoir politique.

 

 1895-1900 :  La « médecine sociale » : recherches sur une médecine holistique, qui ne dissocie pas l’homme de son environnement. L’homme est une entité somato-psychique compris dans le social : unicité et socialité. Ceci le met sur la voie de la psychologie.

 

 1900 :  L’orientation analytique. Il collabore à divers journaux, continue son exercice à titre libéral dans un quartier populaire et entreprend ses premières psychothérapies

 1902 :  Il publie dans l’Aerztliche Standeszeitung « L’irruption des forces sociales en médecine ».

Il entre dans le cercle viennois, participe activement par ses apports théoriques aux « soirées du mercredi ».

 De 1902 à 1910 :  Parution de «  L’Étude des infériorités organiques et leur compensation psychique » et de « La pulsion d’agression dans la vie et dans la Névrose », apports théoriques bien accueillis par Freud qui signale l’intérêt de ces avancées dont la compensation psychique et la superstructure psychique, il voit dans le concept de pulsion d’agression une description de la libido.

 1904 :  Parution de « Le médecin comme éducateur ». Adler définit ainsi le rôle du médecin impliqué dans la prévention des maladies ainsi que dans l’éducation : lutte contre l’alcoolisme, les maladies infectieuses, sexuelles.

Publication de « Étude sur les infériorités des organes ».

 1910 :  Il travaille sur le suicide des enfants.

Adler devient président du groupe viennois.

Année des dissensions, Adler s’oppose à Freud sur la sexualité : pour Adler, celle-ci n’est pas centrale, composante de la personnalité elle en est un reflet, mais ne peut constituer à elle seule le noyau névrotique.

Cette affirmation sonne le glas de l’entente entre les deux hommes. Les divergences d’orientation se révèlent dans les discours théorico-cliniques d’Adler et mettent à jour un fondement théorique qui lui est personnel, dans la continuité de son cadre de pensée antérieur.

Le 23 février 1910, conférence d’Adler sur L’hermaphrodisme psychique : Freud entend ce concept comme une réelle contribution à la recherche analytique mais intégré à l’ensemble théorique dont les vues et les conséquences sont différentes, il s’oppose là encore à Adler.

Deux conférences sont proposées en 1911 afin d’apaiser les conflits : « Problèmes controversés de la psychanalyse : le rôle de la sexualité dans la névrose », « La protestation masculine, rôle et signification dans la névrose ». Cette confrontation de vue confirme la rupture.

  1911 :  Adler démissionne de la présidence et crée la Société de Recherche de Psychanalyse Libre qui prendra ensuite le nom de Société de Psychologie individuelle.

Il devient citoyen autrichien.

 1912 :  Publication de « Le tempérament nerveux ».

Tous les concepts fondateurs de sa pensée sont présents dans ses écrits : Sentiment d’infériorité, Pulsion agressive, Hermaphrodisme psychique, Protestation virile, Aperceptions tendancieuses, Style de vie, Compensation et pouvoir créateur, Sentiment d’appartenance à la communauté humaine (Gemeinschaftsgefühl). Concepts qu’il affinera et remaniera intégrés à un cadre de pensée causalo-finaliste, pour une conception originale de l’Homme et une véritable théorie du lien.

Influences philosophiques : Aristote, Vaihinger, Kant, Leibniz, Marx, Nietzsche.

 1913-1914 :  Parution de « Guérir et former » et de nombreux articles sur les névroses.

 1916 :  Il est réquisitionné comme médecin militaire au service de neuropsychiatrie des hôpitaux militaires. A partir de ses observations sur les névroses de guerre, il élabore une approche originale du traumatisme. Il donne une conférence sur les névroses de guerre devant un auditoire de médecins militaires.

 1918 :  Publications : « Un psychiatre sur les névroses de guerre », « Bolchévisme et psychologie ».

 1920 :  Création des groupes de réflexion avec les instituteurs.

 1924 :  Nommé professeur, à l'Institut pédagogique de Vienne ; avec ses disciples, création des jardins d’enfants et de l’École expérimentale (1931-1934) de l'équipe Oskar Spiel, Birnbaum, et Scharmer. On lui doit les premières consultations médico-pédagogiques, occasion de formation des maîtres autant que prévention des troubles mentaux chez les jeunes.

 1926 :  En route pour l'Amérique, il donne une conférence en Sorbonne (l'un de ses auditeurs est le jeune Jean Paul Sartre). Il professe à la Columbia University de New York, plus tard au Long Island Medical College.

 1927 :  Parution de « Connaissance de l’homme ».

 1929 :  Il est nommé directeur d’une clinique ambulatoire des traitements des névroses à Vienne.

Parutions : « Les Névroses », « L’enfant difficile ».

 1933 :  Parution de « Le sens de la vie ».

 1934 :  le parti social-démocrate fut interdit, les consultations d’Adler supprimées. Prévoyant la montée en puissance de la barbarie nazie, il émigre aux Etats-Unis.

 1937 :  En 1937, il est à Paris (Cercle Laennec), La Haye, l'Angleterre, puis en Ecosse à Aberdeen où il meurt d'une crise cardiaque lors d’un cycle de conférences.

Il avait pressenti la fin tragique de sa fille aînée en U.R.S.S. suite aux procès de Moscou, et l'asservissement d'une partie importante du vieux continent par le nazisme.

 2011 :  Transfert des cendres d’A. Adler à Vienne, lors du 25ème congrès international de l’IAIP.